Lire les cartes de tarot : leur vraie signification
Quand on commence à s’intéresser au tarot, on cherche presque toujours la même chose : la signification des cartes. On veut comprendre. Savoir. Avoir des repères.
Et souvent, on pense que cela revient à apprendre comment lire les cartes de tarot.
Alors on lit, on compare, on retient des mots-clés… et très vite, tout finit par se ressembler. Les mêmes interprétations, les mêmes formules, les mêmes réponses, quel que soit le tirage.
Et au bout d’un moment, une question apparaît. Est-ce que le tarot se limite vraiment à ça ?
Parce que si vous prenez le temps de regarder une carte autrement, sans chercher immédiatement à la traduire, quelque chose de différent se passe. L’image devient plus vivante. Plus riche. Moins figée.
On ne “comprend” plus seulement avec la tête. On commence à percevoir.
Et c’est là que le tarot change complètement de nature.
Il ne s’agit plus d’interpréter des cartes comme on appliquerait une méthode. Il s’agit d’entrer dans un langage. Un langage fait de symboles, de relations, d’équilibres, qui ne se révèlent pas en une lecture rapide, mais qui se découvrent peu à peu.
Et comme tout langage, il a besoin d’un espace pour s’exprimer. Un espace où l’on peut ralentir, observer, laisser les choses se mettre en place. C’est dans cet espace que les cartes cessent d’être des réponses… et commencent à devenir des révélations.

Le tarot n’a jamais été conçu pour “prédire”
On associe presque toujours le tarot à la divination, à l’idée de savoir ce qui va arriver, d’obtenir une réponse, de lever un doute. C’est souvent comme ça que tout commence. On cherche à comprendre une situation, à y voir plus clair, et les cartes apparaissent comme un moyen d’accéder à quelque chose qui nous échappe.
Mais si vous prenez un peu de recul, vous réalisez assez vite que cette manière d’aborder le tarot reste limitée. Non pas parce qu’elle est “fausse”, mais parce qu’elle ne touche pas à l’essentiel.
Les grands auteurs du tarot, comme Papus (médecin et occultiste français, auteur du Tarot des Bohémiens) ou Oswald Wirth (occultiste et spécialiste du tarot symbolique), ne parlent pas d’un outil destiné à prédire l’avenir. Ils décrivent un système symbolique construit, organisé, qui permet de comprendre des états, des dynamiques, des mouvements intérieurs. Et ce n’est pas du tout la même chose.
Parce que si vous attendez une réponse toute faite, vous allez forcément réduire ce que la carte peut vous montrer. Vous allez chercher à la faire entrer dans une grille déjà connue, à lui faire dire quelque chose de précis… alors qu’elle est justement là pour ouvrir une lecture, pas pour la fermer.
C’est ce que souligne aussi Alejandro Jodorowsky, (cinéaste, écrivain et spécialiste du tarot), lorsqu’il critique les interprétations trop figées. À force de vouloir “interpréter”, on finit par projeter, simplifier, traduire trop vite. On plaque des mots sur des images, sans laisser le temps au symbole de se déployer.
Et c’est là que le glissement se fait, souvent sans qu’on s’en rende compte.
Le tarot devient quelque chose que l’on consulte, presque comme une réponse extérieure, alors qu’il est censé être un support de compréhension. On attend qu’il dise… au lieu de regarder ce qu’il montre.
À partir du moment où vous changez cette posture, la lecture devient complètement différente. Vous ne cherchez plus une réponse immédiate, vous observez un état, une situation en train de se structurer, un mouvement qui prend forme.
Et dans ce cadre-là, le tarot ne vous dit pas quoi penser. Il vous met en présence de quelque chose. A vous ensuite de le reconnaître.
Le tarot comme langage symbolique universel
Si le tarot ne se limite pas à des significations toutes faites, alors il ne peut pas se lire comme un texte. C’est souvent à ce moment-là que le regard commence à changer. On ne cherche plus à traduire une carte, mais à entrer dans ce qu’elle montre réellement.
Des auteurs comme Oswald Wirth ou Papus le rappellent clairement : le tarot est un langage symbolique. Et un symbole ne fonctionne pas comme un mot. Il ne donne pas une seule définition, il ouvre un champ de compréhension.
C’est d’ailleurs ce qui peut déstabiliser au début. On aimerait quelque chose de clair, de stable, presque reproductible. Mais le symbole ne se laisse pas enfermer comme ça. Il demande du temps, de l’attention, une forme de présence.
Si vous prenez une carte sans chercher immédiatement “ce qu’elle veut dire”, vous commencez à voir autre chose. Les couleurs, les formes, les gestes, les directions… tout participe à une organisation. Rien n’est posé au hasard.
Et surtout, la carte ne fonctionne jamais seule.
Elle s’inscrit dans un ensemble, dans une structure plus large. Comme un mot dans une phrase, elle prend son sens dans la relation. Une même carte peut alors se nuancer, évoluer, selon le tirage, le contexte ou simplement votre état du moment.
C’est pour cela que deux personnes peuvent regarder la même carte et y percevoir quelque chose de différent. Le symbole ne change pas, mais la manière de le recevoir, elle, évolue.
À partir de là, lire le tarot ne consiste plus à retenir des significations.
C’est apprendre à voir, à relier, et à reconnaître une cohérence qui se révèle peu à peu.

Comment lire les cartes de tarot : ce que personne ne vous apprend
Quand on débute avec le tarot, on cherche presque toujours à savoir ce que signifie la carte. C’est normal, on a besoin de repères. Mais en réalité, la lecture ne commence pas là. Elle commence dans le regard. Avant d’interpréter, il s’agit simplement de prendre le temps d’observer. Regarder vraiment la carte, sans vouloir aller trop vite. Les couleurs, les gestes, les directions… tout est déjà présent, mais on ne le voit pas si on cherche immédiatement une réponse.
Et c’est là que quelque chose change.
Si vous restez un instant avec l’image, sans la traduire, une forme de perception apparaît. Pas encore une signification, plutôt une impression, une cohérence qui se dessine.
À l’inverse, si vous allez trop vite, vous remplacez ce que vous voyez par ce que vous avez appris.
Alejandro Jodorowsky parle du tarot comme d’une image vivante. Une image qui ne se réduit pas à un mot, mais qui évolue selon la manière dont vous la regardez. À partir de là, la carte ne vous donne plus une réponse. Elle commence à dialoguer avec vous.
Le Bateleur : le Mage, porteur du Nom divin
Prenons le Bateleur, que l’on appelle aussi le Mage dans certaines traditions. On le résume souvent à un début, à un potentiel, à quelque chose qui démarre. Mais si vous prenez le temps de le regarder vraiment, vous sentez bien que la carte va beaucoup plus loin.
Le personnage ne fait pas que “commencer”. Il est déjà en relation avec quelque chose. Une main vers le haut, l’autre vers le bas, comme s’il faisait circuler une énergie entre deux plans. Il ne crée pas à partir de rien, il met en mouvement.
Et ce mouvement s’appuie sur une structure très précise.
La baguette qu’il tient renvoie à la lettre IOD, la première du Nom divin. Sur la table, les objets ne sont pas disposés au hasard : le Pentacle, l’Épée, la Coupe… chacun correspond à un principe, à une force, à une lettre du Tétragramme. Ce n’est pas un décor, c’est une organisation.
Le Mage est celui qui relie ces éléments. Celui par qui quelque chose passe, se met en place, commence à prendre forme. Il ne maîtrise pas encore tout, mais il est déjà au centre du processus. Il est le point de passage entre le potentiel et l’expression.
Et c’est là que la carte prend toute sa profondeur.
On ne parle plus simplement d’un “début”, mais d’une fonction. D’un état où les forces sont présentes, en train de s’organiser, de se structurer, de s’aligner.
À partir de là, la signification ne tient plus en un mot. Elle devient vivante.

D’autres arcanes : une logique symbolique cohérente
À partir du moment où vous regardez le Bateleur de cette manière, quelque chose devient évident : ce fonctionnement ne concerne pas une seule carte. C’est tout le tarot qui est construit ainsi.
Chaque arcane porte une fonction, un état, une manière d’être au monde. Et surtout, chaque carte prend vraiment sens lorsqu’elle est replacée dans l’ensemble.
La Papesse, par exemple, n’évoque pas seulement un secret ou une intuition. Elle parle d’une connaissance déjà là, intérieure, silencieuse, qui ne demande pas à être cherchée à l’extérieur, mais reconnue.
L’Empereur, lui, n’est pas simplement une figure d’autorité. Il incarne une structure, une stabilité, une manière de poser des limites pour que quelque chose puisse exister concrètement.
L’Hermite, souvent associé à la solitude, renvoie plutôt à une lumière intérieure. Une conscience qui avance sans dépendre du regard extérieur, qui éclaire sans se montrer.
Peu à peu, on comprend que les cartes ne décrivent pas des situations isolées, mais des états qui s’inscrivent dans un mouvement plus large. Elles se répondent, s’équilibrent, se complètent.
Et c’est cette cohérence qui apparaît lorsque vous ne regardez plus les cartes séparément, mais comme un ensemble. On ne lit plus des significations. On commence à percevoir une architecture.



Concrètement… comment créer les bonnes conditions pour lire le tarot ?
On parle souvent de la manière de lire les cartes… mais beaucoup moins de l’espace dans lequel on les pose. Et pourtant, vous l’avez peut-être déjà ressenti : tout ne se passe pas de la même façon selon la manière dont vous vous installez.
Quand les cartes sont posées rapidement, un peu au hasard, la lecture reste souvent floue, comme si quelque chose ne prenait pas vraiment forme. À l’inverse, dès que vous prenez le temps de vous poser, de créer un espace, même simple, tout devient plus calme, plus lisible.
Le regard change. Les cartes semblent se répondre différemment. Parce qu’à ce moment-là, vous ne faites pas qu’aligner des cartes. Vous créez un cadre.
Un tapis de tarot, dans ce contexte, n’est pas juste là pour “poser” les cartes. Il agit comme une base, un support sur lequel le tirage peut réellement s’organiser. Il donne une limite, une structure, quelque chose dans lequel la lecture peut s’inscrire.
Et lorsque ce support porte un symbole, il se passe encore autre chose.
Le symbole n’est pas décoratif. Il crée un centre, des repères, des axes. Les cartes viennent naturellement s’y inscrire, s’y relier. Sans que vous ayez besoin d’y penser, une forme d’ordre apparaît.
La lecture devient plus stable. Plus cohérente. Plus ancrée.
Le tapis ne fait pas le travail à votre place. Mais il soutient ce qui est en train de se passer.
👉 Si vous souhaitez ressentir cette différence, vous pouvez simplement commencer par choisir un tapis de tarot qui vous parle, et voir ce que cela change dans vos tirages.
Apprendre à lire les tarots autrement (dans l’esprit de Wirth)
Si l’on suit l’approche d’Oswald Wirth, apprendre le tarot ne consiste pas à accumuler des significations, mais à changer sa manière de regarder.
Un symbole ne se comprend pas comme un mot. Il ne se traduit pas immédiatement. Il demande du temps, de l’attention, une forme de familiarité. C’est quelque chose que l’on apprivoise progressivement, en revenant dessus, en l’observant sous différents angles, jusqu’à ce qu’une évidence apparaisse.
Concrètement, cela implique de ralentir.
Au lieu de chercher une réponse, il s’agit de rester avec la carte. De la regarder vraiment, de laisser les détails émerger : une posture, un geste, une direction, un élément qui se répète. Peu à peu, des liens se forment, non pas parce qu’on les a appris, mais parce qu’on les perçoit.
Et cette perception évolue. Une même carte ne dit jamais exactement la même chose. Ce que vous voyez change, s’affine, se précise. Non pas parce que la carte change, mais parce que votre regard devient plus juste.
Wirth insiste d’ailleurs sur ce point : il faut revenir aux cartes. Les revoir, les laisser travailler en vous. C’est dans cette répétition que la compréhension s’approfondit.
Et à un moment, quelque chose bascule. On ne cherche plus à interpréter. On commence à reconnaître. À partir de là, on réalise que les cartes ne sont pas simplement des images. Elles sont construites, organisées.
Elles reposent sur des équilibres précis : entre le haut et le bas, la gauche et la droite, le centre et ce qui l’entoure. Il y a des axes, des correspondances, des rapports qui structurent l’image en profondeur.
Et c’est exactement ce que l’on retrouve dans la géométrie sacrée. Dans un mandala, dans une fleur de vie, dans certaines figures traditionnelles, ce qui donne du sens n’est pas uniquement le symbole en lui-même, mais l’organisation qui le soutient : les proportions, les symétries, les centres, les circulations.

Le tarot fonctionne de la même manière. Comme si chaque carte était construite sur une géométrie invisible, qui organise ce que vous percevez sans que vous en ayez toujours conscience.
Chaque carte est construite comme une forme organisée. Et lorsque vous commencez à percevoir ces structures, votre lecture change. Vous ne vous appuyez plus seulement sur des significations, mais sur une cohérence.
Vous ne regardez plus une image. Vous entrez dans une architecture.
Dans l’enseignement d’Omraam Mikhaël Aïvanhov, il est souvent rappelé que les symboles ne sont pas faits pour être expliqués, mais pour être vécus. Ils n’apportent pas une réponse immédiate. Ils ouvrent un espace.
Et c’est exactement ce que permet le tarot, lorsqu’on accepte de le lire autrement.
Lire les cartes, c’est créer un espace
Au fond, le tarot ne vous demande pas simplement de comprendre des cartes. Il vous invite à regarder autrement. À ralentir, à observer, à laisser apparaître des liens plutôt qu’à chercher des réponses immédiates. Peu à peu, la lecture change. Vous ne cherchez plus “ce que veut dire la carte”, vous commencez à voir ce qui se joue.
Et c’est peut-être là que tout devient plus simple. Parce qu’à partir de ce moment-là, la question n’est plus vraiment : quelle est la bonne signification ?
Mais plutôt :
👉 qu’est-ce que vous voyez, vous ?
👉 qu’est-ce que la carte met en mouvement ?
👉 dans quel espace vous la laissez apparaître ?
Prenez une carte, posez-la devant vous, et restez avec quelques instants. Sans chercher à conclure. Juste regarder.
Et si vous avez envie d’aller plus loin, je serais curieuse de savoir :
👉 avez-vous déjà vécu un moment où une carte vous a “parlé” différemment, sans que vous sachiez vraiment pourquoi ?
👉 ou au contraire, avez-vous déjà ressenti un blocage dans vos lectures ?
Vous pouvez le partager en commentaire. C’est souvent dans ces échanges que la compréhension s’approfondit vraiment.
On arrive à la fin de cet article. J’espère qu'il vous a plu.
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Sources et inspirations
Cet article s’appuie sur les travaux et enseignements de plusieurs auteurs ayant profondément étudié le tarot comme langage symbolique et outil de connaissance.
Parmi eux :
• Oswald Wirth – Le Tarot des imagiers du Moyen Âge
• Papus – Le Tarot des Bohémiens
• Alejandro Jodorowsky – La Voie du Tarot
• Omraam Mikhaël Aïvanhov – notamment ses enseignements sur les symboles et la compréhension intérieure
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